Le 11 juin 2026, Dons Solidaires a réuni ses partenaires, bénévoles, collaborateurs et administrateurs au siège d’Amundi à Paris à l’occasion de son assemblée générale annuelle.
Ce rendez-vous a permis de revenir sur une année 2025 marquée par de nombreuses actions au service des personnes en situation de précarité, mais également de partager les perspectives et les ambitions qui guideront l’association dans les années à venir.
Face à l’augmentation de la précarité, renforcer notre impact
L’Assemblée générale est chaque année un moment privilégié pour faire le bilan des actions menées, remercier celles et ceux qui contribuent à la mission sociale de Dons Solidaires et réaffirmer les orientations stratégiques de l’association.
Avec 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France, l’engagement de nos entreprises partenaires, de nos associations, des bénévoles reste plus que jamais essentiel pour permettre l’accès aux produits essentiels du quotidien.
En 2025, Dons Solidaires a poursuivi son ambition d’engager les entreprises bien au-delà du don d’invendus. Plusieurs opérations de produits-partage ont ainsi permis de renforcer la collecte de produits essentiels. Notamment, grâce à l’engagement de Procter & Gamble avec sa marque Mr Propre, d’Haleon avec Sensodyne ou encore de DIM à travers le don de culottes menstruelles.
Cette dynamique s’est également traduite par un engagement croissant des entreprises sous d’autres formes. Aux côtés des dons de produits, le mécénat de compétences et la mobilisation des collaborateurs jouent un rôle essentiel pour amplifier notre impact. En 2025, 12 entreprises nous ont ainsi soutenus par des missions de mécénat de compétences, tandis que près de 500 collaborateurs sont venus prêter main-forte à l’entrepôt.
Enfin, la mobilisation renforcée des fédérations professionnelles à nos côtés a permis d’initier de nouveaux partenariats avec des entreprises donatrices et de développer des projets à fort impact avec nos partenaires historiques.
Assemblée générale 2026 : mettre en lumière l’enjeu encore méconnu de la précarité hygiénique infantile
Cette édition 2026 a également été marquée par une table-ronde consacrée à la précarité hygiénique infantile. Un sujet encore peu documenté alors qu’il concerne de nombreuses familles en situation de fragilité économique.
Animée autour des travaux de recherche menés dans le cadre du projet PARHYTE, cette séquence a permis de croiser les regards d’Anaïs Trousselle, chercheuse pour Narrau, d’Aurélie El Hassak-Marzorati, secrétaire du réseau Solipam et Valérie Pouillat, déléguée générale de GROUP’HYGIENE. Ensemble, elles ont contribué à mieux comprendre les conséquences du manque d’accès aux produits d’hygiène pour les jeunes enfants et leurs familles. Elles ont également abordé les enjeux spécifiques liés à ces produits du point de vue des entreprises du secteur de l’hygiène.
Quelle est la situation des associations de terrain aujourd’hui, en ce qui concerne la précarité hygiénique infantile ?
« Pourquoi les associations de solidarité ont autant besoin de couches ? Parce que les publics en situation de très grande précarité ont changé. Les sans-domicile fixe que l’on connaissait avant, désormais, ils ont parfois entre 0 et 3 ans. Alors, les associations doivent complètement se réinventer pour continuer d’accueillir, d’aider, d’accompagner. Le tout dans des locaux inadaptés au bon développement des tout-petits, et elles doivent faire avec des moyens en baisse. […] Un enfant a le droit de se sentir comme les autres. Il a le droit de ne pas se sentir stigmatisé. […] Se laver les dents, mettre du déodorant, avoir une couche propre pour les plus petits, ça leur permet tout simplement d’être des enfants comme les autres. Et ça on le doit à tous les enfants. »

Aurélie El Hassak-Marzorati, secrétaire du réseau Solipam

Quelles sont les conséquences de la précarité hygiénique infantile ?
« Les conséquences de la précarité hygiénique infantile sont multiples. Elle a des impacts psychologiques : les sentiments qui remontent le plus sont l’anxiété et la honte. Pour les revenus les plus précaires, on observe des chiffres significatifs sur le renforcement de l’isolement social, motivé par ces émotions négatives. Sur les impacts physiques, aux Etats-Unis par exemple, les admissions dans les structures de santé pour des érythèmes fessiers de tout-petits sont significativement plus présentes chez les populations précarisées et racisées. Mais ça ne s’arrête pas là. Le plus surprenant, c’est la charge mentale : elle se décuple. Pour les parents, tout devient comptabilité : combien on a de couches pour la journée, combien de temps on va pouvoir tenir… Il y a un véritable sentiment de mise en échec. Et enfin, on observe une augmentation du temps de travail domestique amplifié par la précarité hygiénique, notamment infantile. Quand on a les ressources, on va chercher à désintensifier le travail domestique en l’externalisant (faire appel à quelqu’un pour le ménage, profiter de la restauration rapide…). Plus on a de moyens, plus le travail domestique baisse. Alors que les publics précaires, eux, vont passer du temps à essayer de masquer cette précarité. Il y aura donc un sur-investissement des tâches domestiques : on va essayer d’utiliser toutes les ressources qu’on a pour essayer de ne pas être repéré. »

Anaïs Trousselle, chercheuse du projet PARHYTE

Le projet PARHYTE : mieux comprendre pour mieux agir
Partie prenante du projet de recherche PARHYTE, Dons Solidaires contribue à faire émerger des connaissances sur un enjeu encore insuffisamment étudié : l’accès aux produits d’hygiène pour les tout-petits.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la volonté de l’association d’appuyer ses actions sur une meilleure compréhension des réalités vécues par les familles accompagnées. Les enseignements issus de ces travaux permettront d’éclairer les acteurs publics, associatifs et économiques et de renforcer les dispositifs d’aide existants.
La lutte contre la précarité hygiénique infantile constituera l’un des axes majeurs de l’action de Dons Solidaires en 2026. Grâce au soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme FSE+, Dons Solidaires prévoit la distribution gratuite de 3,4 millions de couches auprès des associations partenaires accompagnant des familles en difficulté sur l’ensemble du territoire.
Assemblée générale 2026 : tous unis pour une solidarité durable
À travers cette Assemblée générale, Dons Solidaires a réaffirmé sa conviction : l’accès aux produits essentiels ne devrait jamais être un privilège.
L’association poursuivra son engagement aux côtés de l’ensemble de ses partenaires afin de développer des solutions concrètes, durables et adaptées aux besoins des personnes les plus vulnérables.
Un grand merci aux personnes présentes lors de cette assemblée générale ainsi qu’à toutes celles et ceux qui contribuent chaque jour à faire vivre cette chaîne de solidarité.
