Un jeune homme regarde des produits dans un rayon hygiene

6e baromètre Dons Solidaires « Hygiène & Précarité en France » – 2026 

Constat 2026 : la précarité hygiénique se maintient à un niveau préoccupant tandis que ses conséquences sociales s’aggravent 

Après le choc inflationniste de 2022, le sentiment de vulnérabilité économique et sociale a tendance à diminuer, mais il reste malgré tout à un niveau élevé : 44 % des Français craignent de ne pas pouvoir finir le mois, contre 49 % en 2025.  

Sans surprise, dans ce contexte économique dégradé, la précarité hygiénique se maintient à un niveau inquiétant : 4 millions de Français y sont confrontés au quotidien. C’est 1 million de personnes en plus par rapport à notre premier baromètre de 2019.  

🚨4 millions de Français sont en situation de précarité hygiénique en France 🚨

Aujourd’hui, des millions de Français doivent arbitrer en permanence entre l’alimentation, le logement, l’énergie ou les transports. Dans ce contexte, l’hygiène devient une variable d’ajustement, alors même qu’elle touche à la dignité, à la confiance en soi et au lien social. 

Cette 6ᵉ édition met en lumière l’ampleur des conséquences de la précarité hygiénique : isolement, perte d’estime de soi, difficultés d’accès à l’emploi. Face à l’augmentation des besoins, ce sujet ne peut plus être relégué au second plan. Il appelle désormais une réponse plus forte des pouvoirs publics, avec des moyens à la hauteur, mais aussi un engagement accru des entreprises, qui ont un rôle concret à jouer.

Portrait de Dominique Besançon, déléguée générale de Dons Solidaires

Dominique Besançon – Déléguée générale Dons Solidaires

Cette 6ème édition du baromètre vient conforter un constat alarmant, dressé depuis plusieurs années : face aux difficultés financières, l’hygiène reste l’un des premiers postes de dépense sacrifiés. Et pour cause : près d’un Français sur deux (soit 43 %) déclare avoir déjà restreint leur consommation de produits d’hygiène pour des raisons budgétaires. 

Pour 8 millions de Français, soit 16 % de la population, l’arbitrage est encore plus cruel : il ne s’agit plus seulement de réduire, mais de choisir entre se nourrir ou acheter des produits d’hygiène du quotidien. Un dilemme qui illustre l’urgence de repenser l’accès à ces biens essentiels, parfois considérés à tort comme secondaires. 

Au-delà du manque matériel, les conséquences sociales de la précarité hygiénique 

Les résultats du baromètre révèlent une réalité souvent ignorée et silencieuse : la précarité hygiénique ne se réduit pas à une simple privation de produits. Elle engendre un véritable décrochage social, où l’impossibilité de se procurer les biens essentiels pour se laver, entretenir son linge ou prendre soin de soi abîme l’image de soi et les relations avec les autres : 

  • 46 % des personnes déclarent une perte de confiance en elles 
  • 33 % ne sortent plus de chez elles (+ 2 points vs 2025) 
  • 28 % renoncent à un rendez-vous amical ou amoureux 
  • 27 % évitent certaines personnes de leur entourage (+ 4 points vs 2025) 
  • 25 % renoncent à une activité sportive (+ 2 points vs 2025) 

Inédit 2026 : focus sur les travailleurs pauvres, particulièrement touchés par la précarité hygiénique 

Pour la première fois, notre baromètre « Hygiène et Précarité en France » 2026 met en lumière la forte vulnérabilité des travailleurs pauvres1 face à la précarité hygiénique.  

  • 52 % sont angoissés par leurs dépenses, au point de les empêcher de dormir 
  • 42 % ont déjà dû choisir entre acheter de la nourriture ou des produits d’hygiène (16 % pour l’ensemble des Français) 
  • 25 % renoncent régulièrement à acheter du savon/gel douche, ce pourcentage s’élève à 23 % pour la brosse à dents, 21 % pour le papier toilette et 19 % s’agissant du dentifrice 
  • 23 % ont régulièrement un sentiment de malaise par rapport à leur hygiène personnelle 

Ces données illustrent parfaitement la frontière de plus en plus poreuse entre emploi et précarité en France. Si pendant longtemps l’emploi semblait être un rempart contre la précarité, il ne l’est plus aujourd’hui pour une partie des actifs.  

Baromètre hygiène et précarité 2026 – Les visages de la précarité hygiénique

Au-delà des travailleurs pauvres, les jeunes, les femmes, les parents d’un jeune enfant et les familles monoparentales sont aussi en première ligne face à la précarité hygiénique.   

Les jeunes, particulièrement vulnérables face aux conséquences sociales de la précarité hygiénique 

60 %

limitent leur consommation de produits d’hygiène (43 % pour l’ensemble des Français)  

57 %

des 18-24 ans perdent confiance en eux (46 % pour l’ensemble des Français) 

38 %

renoncent à se rendre à un rendez-vous amical ou amoureux (28 % pour l’ensemble des Français) 

Les conséquences : un isolement social précoce et une atteinte psychologique plus marquée chez les jeunes. Une situation critique qui compromet leur équilibre personnel et leurs perspectives professionnelles. 

Les femmes, un combat toujours d’actualité contre la précarité menstruelle 

2,3 millions

de femmes manquent régulièrement de protections menstruelles, faute de moyens (13%)

57 %

sont stressées et 40 % perdent confiance en elles  

11 %

utilisent autre chose à la place de protections menstruelles par manque d’argent 

Les conséquences : au-delà des conséquences sanitaires, le manque d’accès aux protections menstruelles constitue une inégalité sociale profonde. En 2026, encore trop de femmes peinent à se procurer des protections adaptées, pourtant indispensables pour vivre ses règles en toute dignité.  

Les parents de jeunes enfants : quand la précarité fragilise la parentalité 

19%

renoncent à l’achat de couches pour leur bébé 

18 %

utilisent une protection « bricolée » (essuie-tout, tissu…) pour son enfant, par manque d’argent

63 %

se sentent « mauvais parents » à cause de ces renoncements 

Les conséquences : des parents sans ressources face à la précarité qui menace le bien-être de leurs bébés. Le sentiment de honte qui en découle fragilise le rôle protecteur de ces parents démunis.  

Les familles monoparentales, en première ligne face à la précarité hygiénique 

39%

des foyers monoparentaux ont rencontré des difficultés à faire face à leurs dépenses durant les 12 derniers mois (ensemble 22 %, foyers biparentaux 29 %)  

26 %

ont dû arbitrer entre l’alimentation ou les produits d’hygiène (ensemble 16 %, foyers biparentaux 17 %)  

60 %

doivent limiter leur consommation de produits d’hygiène (ensemble 43 %, foyers biparentaux 49 %)

Les conséquences : les familles monoparentales sont confrontées à des arbitrages constants, et à la charge mentale qui en découle. La fragilité économique qui pèse sur ces familles en fait un public particulièrement vulnérable à la précarité hygiénique et ses conséquences désastreuses.  

Dons Solidaires : comprendre et agir contre la précarité hygiénique 

Depuis 2019, le baromètre annuel « Hygiène & Précarité en France » de Dons Solidaires mesure et alerte sur cette précarité silencieuse. Référence incontournable, ce baromètre éclaire sur l’évolution de cette précarité à travers les crises successives. 

5 % des Français (soit 2 à 3 millions d’adultes) dépendent de l’aide associative pour des produits d’hygiène. Trois fois plus chez les travailleurs pauvres (15%). Face à ce constat, Dons Solidaires agit pour une société plus inclusive, en redistribuant des produits essentiels via une chaîne de solidarité qui associe des entreprises engagées et des associations de terrain partout en France. 

En 2025, Dons Solidaires a par exemple distribué : 

2,7 millions

de produits d’hygiène (savons, papier-toilette, lessive…)

2 millions

de produits de beauté (parfums, maquillage, soins…)

1 million

de couches pour bébés 

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  1. Selon l’INSEE : actifs occupés disposant d’un revenu par unité de consommation inférieur à 1 080 euros par mois ↩︎